Écouter et participer aux conférences

Se distinguer en culture générale

Chaque année, l’ISTH propose un cycle de cours-conférences de culture générale liés aux thèmes des concours d’entrée aux grandes écoles : écoles de commerce, de journalisme, Instituts d’études politiques, ENS, concours administratifs

Le cycle aborde les thèmes à travers leurs aspects contemporains, c’est-à-dire en faisant une large place à l’actualité. Ils sont donc très utiles pour un suivi critique de l’actualité en vue des écoles de journalisme ou des écoles de commerce. L'approche est pluridisciplinaire en sciences humaines et sociales.

Les conférenciers sont issus des écoles que présentent les candidats et donnent un aperçu de la sensibilité attendue aux concours. Conçus pour les étudiants du niveau de terminale au master, nos cours-conférences sont ouverts à tous les auditeurs dont les examens ou concours comprennent des épreuves de culture générale.

Pour vous accompagner dans tous vos projets de réussite, l'ISTH propose une série progressive de classes préparatoires annuelles, continues ou intensives. Nos engagements sont concrets, nos cours de méthodes sont minutieux, nos enseignants sont rigoureux et expérimentés, notre suivi individuel.

Culture Générale

Conférences Culture Générale - Méthodes

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Licence 1, Première, Seconde, Terminale

Évaluation 2016 : 82 % des participants ont coché la case "EXCELLENT".

Découvrez, réécoutez les thématiques précédentes

Thème : Le travail / la culture

  • Le système de justice, d’intégration et la figure de l’étranger / M. Boudou

Cette conférence explore notre rapport à « l'étranger » sous ses multiples formes. En quoi les appréciations et les différences culturelles peuvent en effet expliquer des aspects fondamentaux de notre système d’intégration ?


  • Web 2.0, la capitulation culturelle ? / M. André

Le digital peut-il être pensé autrement qu'en termes de réseaux et accessibilité immédiate ? Quelles autres lectures sont possibles ? Cette conférence introduit à une manière différente d'aborder la question du web, en explorant les notions d'individualisation et d'empowerment de la connaissance.


Thème : La science

La science et la scientificité, passerelle de l’Antiquité aux Temps modernes – Anne-Clémentine Larroque
Quels moteurs d’action considérer pour élaborer un passage de la préscience à la scientificité ? Pendant l’Antiquité, la science se concevait comme connaissance spéculative tout à fait détachée du politique, ce qui évolue considérablement durant l’époque médiévale.



Heidegger et l’enjeu de la cybernétique – Jean-Edouard André
Le philosophe a beaucoup apporté à la question des sciences et des techniques. La pensée de l’être qu’il développe est bien l’alpha et l’oméga des sciences humaines. De même, le rapport de l’homme à la machine et l’avenir cybernétique doit être évoqué.



Connaissance scientifique et vision globale – Peter Punin
Les succès indéniables remportés par une science essentiellement analytique ont pendant longtemps occulté l’exigence d’une vision globale. La pensée contemporaine tente de renouer avec cette vision globale, mais sur le terrain cette prise de conscience effective semble loin d’être acquise.



Thème : La justice

Le paradoxe de la justice chez Rousseau – Laurent Gayard
A travers plusieurs extraits de l’œuvre de J-J. Rousseau, on peut comprendre la manière dont il élabore sur le plan individuel une théorie de l’injustice avant de l’étendre à la dimension collective. Des liens peuvent être tissés avec d’autres classiques tels Montaigne ou Pascal.



Thème : La Vieillesse

La vieillesse comme condition anthropologique - Jean-François Bossy
La disparition des frontières et ses corollaires (homogénéisation des conditions de vie et métissage des identités) s'est constituée ces dernières années comme le concentré bénéfique de la mondialisation en cours. Cette dynamique supposait que les frontières étaient comme autant d'obstacles à l'unité des hommes et à la pacification des rapports entre les peuples. Notre propos a consisté à revaloriser la notion de frontières en soulignant leurs capacités à délimiter les identités et à en assurer la permanence, afin de nous inquiéter de cette disparition : est-elle une si bonne nouvelle qu'il n'y paraît ? Signifie t-elle le surgissement d'un monde plus ouvert ? Ne risque t-elle pas de déconstruire tout repère solide , voire de préparer de sauvages replis identitaires ? Nous avons tenté de déterminer à quelles conditions la disparition des frontières peut se montrer à la hauteur de ses ambitions.


Thème : Les frontières

Introduction au concept de frontière - Patrice Senen
« Le premier qui, ayant enclos un terrain s'avisa de dire ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » Par cet effet d'annonce, résolument théâtral, qui inaugure la seconde partie du Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, Rousseau met en exergue la corrélation étroite qui unit la position des limites déterminant l'étendue d'un espace (« ayant enclos un terrain ») à l'acte d'appropriation d'un territoire (« ceci est à moi »). La genèse de la sociabilité serait ainsi coextensive à l'instauration d'une frontière initiale créant et creusant une séparation décisive entre deux zones de souveraineté. D'ailleurs, Rousseau ne laisse pas de le regretter : « Que de crimes, de guerres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : "Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne."»Pourtant, notre planète est constellée sur toute sa surface par des faisceaux de frontières qui sont là pour nous rappeler que les fruits ne sont pas à tout le monde et que la terre appartient bien à quelqu'un. Mais alors que penser de ces lignes de partage qui modèlent nos cartes de géographie ? Pourquoi représentent-elles plus que de simples limites topologiques? À quels enjeux (militaires, économiques, politiques, idéologiques) correspondent exactement pareilles césures spatiales pour lesquelles tant d'hommes sont prêts à sacrifier leur vie ?



Faut-il se réjouir de la disparition des frontières? - Jean-François Bossy
La disparition des frontières et ses corollaires (homogénéisation des conditions de vie et métissage des identités) s'est constituée ces dernières années comme le concentré bénéfique de la mondialisation en cours. Cette dynamique supposait que les frontières étaient comme autant d'obstacles à l'unité des hommes et à la pacification des rapports entre les peuples. Notre propos a consisté à revaloriser la notion de frontières en soulignant leurs capacités à délimiter les identités et à en assurer la permanence, afin de nous inquiéter de cette disparition : est-elle une si bonne nouvelle qu'il n'y paraît ? Signifie t-elle le surgissement d'un monde plus ouvert ? Ne risque t-elle pas de déconstruire tout repère solide, voire de préparer de sauvages replis identitaires ? Nous avons tenté de déterminer à quelles conditions la disparition des frontières peut se montrer à la hauteur de ses ambitions.



Aux frontières de la frontière : borne, limite, frontière naturelle - Patrice Senen
« L'Angleterre, ce champ dont la mer est la haie » est-il dit dans Le roi Jean. On peut présumer, à la suite de Shakespeare, que les clivages géologiques et géographiques qui installent à priori des discontinuités dans l'espace (interfaces : terre/mer, mont/plaine, forêt/désert, eau/rivage) ont joué un rôle non négligeable dans l'établissement de ces frontières. De là à penser qu'ils les justifient, il n'y a qu'un pas que n'ont pas hésité à franchir un certain nombre d'hommes politiques, de diplomates ou même d'historiens. La « frontière naturelle » serait alors cette césure topologique bien marquée par le relief – continent, crête de montagne, fleuve ou littoral – qui découperait, pour ainsi dire physiquement, le territoire d'une communauté nationale. Si l'on partage cette conception, prétendument évidente, d'une délimitation spontanée, trouvant son fondement absolu dans la nature – et pourquoi pas en Dieu ? -, il faut bien admettre alors que nul pays ne saurait conquérir son unité et sa véritable identité sans en passer par elle. Mais sur quels critères objectifs cette représentation ancre-t-elle sa légitimité ? Cette notion de « frontière naturelle» n'est-elle pas un leurre idéologique destiné à masquer le caractère artificiel et conventionnel de toute frontière ? Nous tenterons de répondre à ces questions en nous appuyant, au passage, sur la distinction philosophique opérée par Kant entre borne et limite.



Frontières impériales, frontières post-impériales - Elikia M'Bokolo
Accusées d'être « artificielles », les frontières post-impériales apparaissent comme des foyers de tensions et des sources de conflits, à l'intérieur comme à l'extérieur des Etats. Il faut donc de prime abord se demander, en pensant à la réflexion de Blaise Pascal sur les Pyrénées, si, à l'exception de quelques rares îles, il existe des frontières autres qu'artificielles. On prendra ici le cas des empires coloniaux du XIXe et XXe siècles tels qu'ils se sont manifestés dans le contexte africain. Il est évident, compte tenu des idéologies impériales du moment et de l'état des connaissances géographiques de l'époque, que le découpage des frontières, commencé avant la Conférence de Berlin (1884-1885) et accélérée par celle-ci, n'a évidemment tenu aucun compte des l'état réel de la géographie humaine et politique de l'Afrique au long du XIXe siècle. Mais, à l'intérieur des territoires ainsi découpés, des dynamiques multiples, économiques, sociales, politiques, culturelles…, ont été mises en œuvre, produisant, bon gré mal gré et souvent à leur corps défendant, des processus identitaires qui, progressivement, se sont révélés indépendants et autonomes par rapport aux instrumentalisations impériales. C'est à l'intérieur de ces nouveaux espaces que se sont construites et continuent de se construire des « identités » nouvelles, ethniques, nationales, régionales, voire « raciales ». Il est significatif que persiste la quasi-totalité des frontières issues des partages coloniaux. A l'égard des temps à venir, la question est dès lors de savoir à quoi répondent et à quoi pourraient aboutir les mouvements panafricanistes. Une question qui prend une actualité saisissante dans le cadre de ce qu'il est convenu d'appeler « la mondialisation ».



La nouvelle économie géogrraphique - Jean-Marie Soubirou
Le monde est-il plat ? Alors que la démondialisation est au coeur du débat public, il est urgent de s'interroger sur la pertinence de la thèse de T. Friedman, célebre éditorialiste du New York Times au regard des outils de la science économique contemporaine. For Friedman, cheap, ubiquitous telecommunications have finally obliterated all impediments to international competition, and the dawning 'flat world' is a jungle pitting 'lions' and 'gazelles,' where 'economic stability is not going to be a feature' and 'the weak will fall farther behind.' Rugged, adaptable entrepreneurs, by contrast, will be empowered. The service sector (telemarketing, accounting, computer programming, engineering and scientific research, etc.), will be further outsourced to the English-spoken abroad; manufacturing, meanwhile, will continue to be off-shored to China.



Thème : L'imagination

De l'imagination contemplative chez Oscar Wilde : un renversement copernicien de l'esthétique - Patrice Senen
On distingue traditionnellement, dans le sillage des analyses bachelardiennes, l'imagination reproductrice de l'imagination créatrice. L'imagination reproductrice désignerait ainsi la capacité de se représenter mentalement un objet déterminé en son absence ; l'imagination créatrice renverrait plutôt à la faculté de former ou de combiner des images ne correspondant à rien de réel, autrement dit, ne reposant sur aucune donnée de la perception sensible (une chimère, par exemple). En nous appuyant sur les analyses d'Oscar Wilde dans Le déclin du mensonge, nous proposons d'envisager une troisième voie à cette alternative, que nous avons appelée, faute de mieux, l'imagination contemplative. Car, en affirmant que : « La vie imite l'art bien plus que l'art n'imite la vie » et que « Tout comme la vie, la nature imite l'art. », Oscar Wilde sous la forme d'un paradoxe a réalisé, avec humour, une véritable révolution copernicienne de l'esthétique.



Image et imagination: Cinéma, peinture, photographie - Frédéric Cousin
Art et imagination entretiennent des liens évidents. Le cas des images picturales, cinématographiques et photographiques interrogent cette relation avec acuité. En effet en quoi les images sont -elles le produit de notre imagination ? En quoi, à leur tour, ces images contribuent-elles à façonner notre imaginaire individuel et collectif ? Nous réfléchirons à cette question à partir de quelques exemples artisitiques ( René Magritte, Jérôme Bosch,...).



Image et absence : l'imagination en quête de présence - Guillaume Tonning
Que donne à voir l'image ? Non pas une chose, mais une empreinte ; non pas une pleine présence, mais une absence palliée – la présence d'une absence. Le mode d'être de l'image implique une déficience. A cette dernière, nous ne sommes cependant pas condamnés, pour autant que nous est donné avec l'imagination le moyen de remonter à la source de la présence. Imaginer, ce n'est pas seulement en effet user d'une faculté de représentation (produire des images), mais aussi, plus dynamiquement, voyager par l'esprit pour rejoindre ce qui n'est pas ou plus. Dès lors, l'imagination se fait tour à tour iconoclaste et iconophile, puisqu'elle brise les images comme autant d'étapes où nous risquons de nous attarder, mais ne voyage que par elles et à travers elles. Une modalité méditative nouvelle se fait jour : l'odyssée spirituelle en quête de l'origine perdue.



Thème : La religion

Politique et religion : penser la laïcité - Henri Peña-Ruiz
Partons d’une question primordiale de la politique. Quel type d’union, fondée en droit, pour des êtres dont les convictions spirituelles sont diverses ? Toute la question est donc de savoir comment concevoir la diversité dans l’unité, comment les articuler d’une part sans que la diversité compromette l’unité, d’autre part sans que l’unité opprime la diversité.
L’unité du laos, selon l’étymologie grecque est celle d’une population dont nul individu ne se distingue des autres par des droits ou des pouvoirs particuliers. Le simple laïc, dès l’époque médiévale, est l’homme du peuple, croyant ou non, distinct du clerc, qui quant à lui est dépositaire d’une fonction repérable dans l’administration du sacré. La conception laïque de l’union du peuple met en oeuvre trois principes indissociables : la liberté de conscience, l’égalité de droits de tous, l’orientation universelle de la puissance publique. L’indivisibilité du corps politique se fonde ici sur l’identité des droits détenus par chacun. Un tel principe n’est donc nullement contradictoire avec la foi religieuse, ou avec la conviction athée, puisqu’il construit l’ordre politique en faisant abstraction des positions spirituelles des uns et des autres.
Notons que l’idée d’un monde commun à tous, d’une res publica, s’esquisse largement dans ce principe d’indivision du peuple, du laos. Certes, les communautés de foi, ou de représentation du monde, ne sont pas négligeables. Mais elles ne concernent que ceux qui s’y reconnaissent librement. La religion n’engage que les croyants. Et l’athéisme n’engage que les athées. L’Etat laïque doit donc être indépendant des uns et des autres afin de mieux remplir sa fonction universelle de promotion du bien commun.



Prophètes d’ici, prophètes d’ailleurs - Elikia M'Bokolo
La conférence s’est appuyée, sur le plan théorique et dans une démarche comparatiste, sur les analyses de Max Weber, examinée au cours des sessions précédentes, sur celles de Friedrich Engels (La guerre des paysans en Allemagne, 1850) et sur les travaux d’anthropologues et des historiens, parmi lesquels Vittorio Lanternari (Les mouvements religieux des peuples opprimés, 1962) et André Vauchez (La sainteté en Occident aux derniers siècles du Moyen Âge, 1981 ; Saints, prophètes et visionnaires. Le pouvoir surnaturel au Moyen Âge, 1999). Le professeur s’est également appuyé sur ses propres recherches en cours. Il a successivement examiné les prophètes et prophétismes liés au christianisme, les figures religieuses de l’islam africain et les processus liés à la « mondialisation » actuelle du christianisme, en particulier par le biais des leaders évangélistes.